Michel MELI DE NIS
Michel MELI DE NIS

Au début de ce siècle, en rangeant mon grenier, je découvre mes diapositives dormant dans les boites de cartons.

Cette vie sur la guerre d'Algérie, en Grande Kabylie, que je croyais endormie ressurgit brutalement. Pour les sortir de l'oubli et leur redonner une dimension émotionnelle forte, je décide de retracer de façon vivante et visuelle, l'itinéraire d'un soldat du contingent, narrer une vie partager par tant d'autres jeunes, contraints et forcés de combattre pour préserver leur vie.

La feuille blanche exige de la solitude, il fallait que la mémoire fasse son travail pour aller au delà du témoignage vécu. L'ampleur de la tâche me plonge dans mes souvenirs, plus j'avançais, plus je m'apercevais que ma mémoire restituait des blessures, des joies, des souvenirs d'une grande amplitude.

Se raconter ne répond pas chez moi, à un besoin de se construire, mais à un besoin réel de transmettre, d'apporter sa pierre à l'histoire de France et de l'Algérie, avant que les témoins ne disparaissent.

En dépit des voiles noires, qui drapent cette dramatique histoire de deux peuples pour une seule histoire, je veux aider nos enfants à se souvenir, car un peuple qui ignore son histoire, qui cherche à l’oublier, à travestir la vérité, est condamné à revivre les horreurs du passé.